01 - Présentation
Bonjour à tout ceux
qui arrivent sur ce blog par hasard ou par Toutatis (ouais, j’ai adoré
Astérix, mission Cléopâtre ! Chabat, y me fait trop rire) :) Je
m’appelle Romuald, j’ai 17 ans et je suis en première S option maths. Je
traîne pas mal sur des tas de blogs et je me suis dit que ce serait pas
mal moi aussi d’en faire un parce que j’adore le dessin. Je dessine
depuis…euh… bin toujours en fait. D’ailleurs, ça doit être le seul truc
que je sache bien faire aux dires de mes potes (‘fin, en fait mes 2
potes. Je suis pas super populaire dans mon bahut si vous voyez ce que
je veux dire !)

J’habite à
Epinay-sur-orge. Le trou du cul du monde. Y’a rien : pas de ciné, pas de
bowling, pas de boîte (de toute façon je danse comme une enclume, mais
bon pour rencontrer les nanas y parait que c’est quand même mieux)J’ai
une sœur de 14 ans. Elle est vraiment trop conne, je peux pas la
blairer. Elle s’habille comme une pétasse, elle fume en cachette et elle
est populaire ! Je suis dégoûté. Mes vieux s’en foutent d’elle, ils
disent qu’elle est irrécupérable. Par contre, moi, pour me casser les
couilles y’a pas mieux. Comme je me révolte pas, y préfèrent s’acharner
sur moi comme ça ils ont l’impression d’être de bons parents.Mon père
est plombier. Je le vois quasiment jamais. Il part genre à 7h et rentre
le soir tard. Ma mère elle est femme de ménage. Moi je m’en fous, dès
que je peux, je fous le camp d’ici.

Dans ma classe y sont
tous caves. J’m’en fous d’eux. Par contre dans la 1ière ES y’a Erika ma
meilleure amie. Elle est sympa, on rigole bien ensemble. C’est pas un
canon mais elle a un côté déluré qui me plaît. (Bon euh je sais que tu
vas lire ça Erika, je fais que répéter ce que tu dis de toi hein ;)) Et
au passage, demain je te ramène enfin ton film que j’ai retrouvé au
milieu de mes slips sales (j’aime bien la faire enrager) Erika est
d’origine Russe et elle a progressé à une vitesse folle en français en
seulement 2 ans. A l’occasion, je parlerai plus d’elle dans une
prochaine news !

Bon et puis mon
deuxième pote c’est Franck. On se connaît depuis qu’on est gosses. On a
été gardés par la même nounou et on s’est jamais quittés. Avec Franck on
se mate plein de films gores, on adore ça. Bon, je trouve qu’il fume un
peu trop la moquette mais au moins il lui arrive d’avoir d’intéressants
points de vue et Marie Jeanne doit y être pour quelque chose.

Bin je crois que je
vais m’arrêter là pour aujourd’hui. Je sais pas si mes histoires vous
intéressent. Je suis pas vraiment quelqu’un d’intéressant mais comme
tout le monde j’ai des opinions et il m’arrive aussi des trucs.J’ai
envie de parler de ma vie comme elle vient avec les filles, le lycée,
les galères et les rigolades avec mes potes.
02 - Le bac, Freddy et Chloé
Salut. Je suis tout
excité par ce nouveau blog. C’est vrai que c’est marrant. Mais ça prend du
temps aussi de faire les illustrations. Je devrais réviser le bac de
français mais ça me fait chier. Même en classe scientifique on a des tas
de commentaires de textes et thèmes à connaître. Je vois franchement pas à
quoi ça va me servir plus tard. Entre ce déprimé de Baudelaire et ses
Fleurs du mal et cette salope de Mme Arnoux dans L’éducation sentimentale
de Flaubert, je nage. Y’a trop de trucs à savoir. Pis qu’est-ce qu’on s’en
fout du thème de l’argent dans son œuvre ou de la folie. Ca m’énerve
grave tout ces trucs qu’on apprend. Heureusement, Erika m’aide (c’est un
comble, elle qui parle le plus souvent avec des verbes à l’infinitif, le
français la passionne, elle adore tout ça !)

Bon donc le français c’est pas mon
copain vous l’avez compris :) Hier soir avec Francky (ouais c’est Frank
mais j’aime bien l’appeler Francky comme « Francky Vincent ». Vous savez
la chanson : « Vas-y Francky c’est bon, vas-y Francky c’est bon bon bon !
» C’est un peu vieux et ça parle de cul comme chanson mais moi elle me
fait marrer. Et puis comme il est un peu porté sur la chose (je parle de
Franck toujours, faut suivre hein !), ben Francky ça lui va bien lol)
Bref, donc Francky et moi hier soir on s’est maté pour la 20ième fois
peut-être les 3 premiers épisodes de Freddy : Les griffes de la nuit,
La revanche de Freddy et Les griffes du cauchemar. Le
deuxième est vraiment pas terrible mais bon, on vient de s’offrir les 7
DVD collector alors on va pas s’en priver ! Perso, je trouve que Freddy ça
n’a pas vieillit. La musique est délicieusement glaçante et j’arrive
encore à sursauter. Faut dire que dans ma chambre on a fait le noir
complet et on s’est collé à l’écran.

Ce soir on va se mater les 3 derniers.
On va encore se coucher tard ! Pis sinon hier il m’est arrivé un drôle
de truc : j’ai croisé Chloé Marcovitch. Chloé, c’est la meuf la plus canon
du lycée. Elle est vraiment trop belle. Tous les mecs sont à ses pieds
mais moi je me la joue indifférent (bon remarquez j’ai pas d’autre choix
non plus, elle sait même pas que j’existe). Enfin si mais pas comme je
voudrais quoi. Je sais bien qu’avec mon sourire à la Dents d’Acier
(James Bond vous connaissez ? lol) et ma gueule de calculatrice je suis
pas l’apollon de ces dames mais au moins j’en suis conscient. De toute
façon on me le crie assez souvent dans les couloir pour le savoir. Du
genre : « Hey tronche de cake, quand est-ce que tu finis la cuisson ? »
ou encore « Putain vise moi un peu le sourire en dents de piano de ce
mec ! Tu t’es fritté avec la mère à Tyson ? » Bref, que des trucs
sympas quoi. De toute façon je les emmerde tous. Un jour je retirerai cet
appareil dentaire, j’aurai plus de boutons ni de lunettes et là on verra
bien.


Bon euh, ça m’a un peu énervé en fait de parler de ça donc l’anecdote avec Chloé ce sera pour la prochaine fois. Ciao :)
03 - Cofy and Chlo
Hello ! (hé oui, je parle couramment anglais :o) !) Bon
alors je m’étais arrêté la dernière fois à Chloé Marcovitch, la plus
belle fille du lycée. Donc avant-hier j’étais dans Epinay au café. A Epinay il n’y a qu’un seul café : le « Cofy café ».

C’est
rétro, calme suivant les moments de la journée et j’en ai fait mon lieu
privilégié pour dessiner. Ils ont un délicieux milk-shake café que je
sirote en croquant les gens au bar.

Donc,
j’étais au café lorsque Erika est entrée dans le bar. On a discuté un
moment, je lui ai rendu sa vidéo aux odeurs de mes slips sales et
là…Chloé est entrée. Haaaa, moment divin. Tout fonctionnait au
ralenti comme dans les films lors de l’apparition de la vedette. Ti amo
en fond musical, les cheveux de Chloé aux vent, une lumière céleste
innodant la pièce. Tout était magique. Moi j’avais un filet de bave qui
descendait de la lèvre inférieure jusque dans mon milk-shake et si
Erika ne m’avait pas donné un bon gros coup de pied dans le tibia
j’aurais continué de mater Chloé comme un chien en rut. Donc elle
entre dans le bar et vient au comptoir. Elle demande un paquet de
clopes (pfff, c’est la seule ombre au tableau. C’est-y qu’y faut être
cruche pour fumer et faire comme toutes les autres. J’vous jure. Mais
bon, je lui pardonnerais même d’être lesbienne, alors la clope !).
Bref, elle est là à attendre son paquet et nonchalamment elle détourne
légèrement la tête afin de voir qui se trouve dans le bar. Elle me voit
et là, je crois que je pourrais en mettre ma main au feu, elle a eu un
minuscule, un infime léger sourire au coin des lèvres. Le sourire qui
dit « Tiens ! Toi je te connais. Salut ! » Rhââ, il y avait tant de
beauté dans ce sourire…. Réflexion faite, je crois que je supporterai
pas l’idée qu’elle soit lesbienne !

Et puis elle a réglé ses clopes et elle est partie. C’aurait
put être anodin pour n’importe quel mortel mais pour moi ce sourire
était une porte ouverte sur un champ de pâquerettes poussant au cœur de
grasses et vertes collines au-dessus desquelles je voletais tel un
papillon.

Hum… ouais bon, je m’enflamme un peu des fois mais pour vous dire comme c’était magique quoi ! Donc
voilà, Chloé sait que j’existe et ça me fait tout drôle. Suite à ça,
Erika m’a dit : « Tu aurait du voir toi regarder elle, vraiment comme
débile tout baveux ! Ha ! Ha ! Ha ! » Sur le coup j’étais vexé et puis
je me suis dit qu’elle devait pas avoir tord ! J Du coup, j’ai pas arrêté de penser à Chloé cette nuit là… Y’a
des filles comme ça qui nous semblent inaccessibles, qu’on porte au nu
ou sur un piedestal et qu’on oserait jamais aborder sous prétexte
qu’elles sont populaires ou tout simplement mignonnes et bien foutues. Allez,
demain…. je vais lui parler. Et peu importe ce qui arrive, de toute
façon le ridicule ne tue pas.
Je suis bien placé pour le savoir.

04 - Mélanie, Aviator et les flics
Salut Autant
vous le dire tout de suite, j’ai pas eu les couilles d’aller voir
Chloé. Elle était entourée de sa sempiternelle (basse) cour. Pas moyen
de l’approcher ne serait-ce discrètement sans éveiller les soupçons.
Une vraie forteresse cette gonzesse. Elle dans le rôle du château, ses
meilleures amies dans celui des remparts et Mélanie dans celui du
crocodile qui barbote dans les douves. Mélanie, pour Chloé, c’est
tout : sa confidente, son coach pour les examens et son garde du corps.
Pas moyen d’approcher Chloé sans passer par elle. Je sais pas pourquoi
ni comment mais c’est comme ça. Et pour une raison qui me reste encore
inconnue, Mélanie me déteste…

Un
jour, j’étais dans la cour et Mélanie passait avec la ribambelle qui
suit d’habitude Chloé. Elles devaient sûrement aller la rejoindre. En
passant Mélanie m’a lancé : « Hey le binoclard ! Tu comptes bosser
chez HP pour leur servir de calculatrice ou bien chez un accordeur de
pianos pour qu’ils utilisent tes dents ? » Et puis elles se sont
éloignées en gloussant. Qu’est-ce que je pouvais dire ? Dans ce genre
de situations, j’ai jamais la bonne réplique qu’il faut au bon moment
et surtout, du tac au tac ! Après réflexion j’aurais pu sortir
quelque chose comme : « Et toi pétasse, tu comptes postuler chez Milka
pour qu’ils utilisent tes deux pis de vache qui t’empêchent de voir ta
culotte ? » Mais bon, 3 heures après j’aurais fait moins mouche ! Donc tout ça pour dire que Mélanie ne peut pas me sacquer sans que je sache pourquoi.

Voilà
pourquoi je n’ai pas osé aller vers Chloé et lui parler. D’ailleurs je
n’avais rien préparé à lui dire. Dans l’hypothèse même où le pont-levis
se serait baissé pour me laisser entrer, je me serais retrouvé comme un
couillon à pas savoir quoi lui dire ! Donc voilà, l’affaire est réglée
:) Bon sinon pour parler d’autre chose, Franck, Erika et moi sommes
allés à Villiers-sur-Orge au cinéma avec ma mère. Comme je fais la
conduite accompagnée, c’était l’occasion de m’entraîner. C’est qu’à 3
bornes de la maison mais le temps était dégueu et y faisait minimum
moins 2 dehors, alors la caisse c’est quand même mieux :) On est
allés voir Aviator de Martin Scorsese. Bon… c’est moyen. Y’a de bons
effets spéciaux mais c’est tout. Erika, elle, a bien aimé et Franck je
sais pas trop vu qu’il s’était fumé un gros buz avant la séance ! Quant
à ma mère elle râlait parce que les places c’est de plus en plus cher
maintenant. « 8 euros 50 pour voir un film c’est un scandale »
qu’elle dit ! Ch’uis assez d’accord mais c’est le seul ciné à 50 bornes
à la ronde. Et puis à Paris, paraît que c’est encore plus cher ! Alors
estimons nous déjà heureux d’avoir un ciné pas trop loin !

Par
contre au retour on s’est fait arrêter par les flics. Heureusement que
Franck n’avait pas de shit sur lui sinon on aurait été bons pour la
taule. Par contre on a tous hallucinés. Ces gars nous ont demandé nos
CD pour vérifier s’ils avaient été achetés ou gravés. Dans la politique
de notre gouvernement, les keufs peuvent fouiller ton véhicule sans
aucun mandat de perquisition et vérifier la provenance de ta musique.
Bon, heureusement encore, c’était les CD de ma mère qu’elle avait
achetés donc pas de soucis mais ils nous ont expliqué que s’ils avaient
été copiés, on aurait eu 48 heures pour fournir les originaux ! Je
lis pas énormément en règle générale mais je me souviens avoir lu «
1984 » d’Orwell et là je me suis senti en plein dedans. Big Brother is
watching you man. Fait gaffe !
05 - Badminton et fumette
Plus qu’un jour avant les vacances. Ca me tarde trop. J’en
ai ras le cul du bahut. Vivement que j’aille à la fac ou ailleurs ! Moi
mon truc c’est le dessin. Si je m’écoutais, je ferais que ça tout le
temps. En cours je dessine, au café je dessine, à la maison je dessine.
J’ai besoin de m’évader sans arrêt. Oublier que je vis dans ce bled
pourri où on s’emmerde comme des rats morts.
L’autre soir, il m’est arrivé un choc ! Franck, Erika et moi on est tous les trois à l’ABS d’Epinay (Amicale de Badminton Spinolienne). C’est
pas compliqué : à Epinay y’a tellement rien que les habitants ont créé
au moins une centaine d’associations. Associations humanitaires,
culturelles, de quartier, de détente et loisirs, sportives,
patriotiques et j’en passe...
Donc
tous les mercredi soir, on s’entraîne à jouer au badminton. Ca paraît
pas comme ça mais c’est super crevant comme sport. On sort de là
lessivés.

Donc
on venait de jouer et comme à notre habitude, Franck et moi on a ramené
Erika jusque devant chez elle. On discutait devant le portail et Franck
commence à se rouler un joint. Bon, jusque là, rien qui n’empêche la
terre de tourner. Il se l’allume et m’en propose ; moi je dis toujours
non depuis cette fois où j’avais accepté : je devais passer un contrôle
super important et j’étais mort de trouille. Franck m’avait attiré dans
les chiottes et fait tirer deux taffes d’un joint qu’il avait roulé en
vitesse, tout ça pour me détendre soit disant. Ca m’avait littéralement
décalqué la tronche ! Au lieu de me détendre, ça avait décuplé ma
trouille. J’étais tétanisé comme si j’allais à l’échafaud. Je suis
arrivé en classe, j’ai pris ma feuille, j’ai lu les questions et je me
rappelle plus de rien. D’après les autres, j’écrivais nerveusement sur
ma feuille, de plus en plus vite tout en écrasant le stylo qui
traversait la feuille. Je tremblais, je suais comme un gros porc et je
marmonnais des trucs inaudibles. Du coup, le prof m’a fait accompagner
à l’infirmerie. Ils ont cru à une crise d’épilepsie et j’ai pu repasser le contrôle une semaine plus tard !

J’en rigole aujourd’hui mais sur le moment c’était pas ça ! Donc Franck me propose le buz que je refuse. « Tu devrais savoir ! » que je lui dit. « On sait jamais ! » qu’il me répond avec un clin d’œil. Bon,
je relève pas. Il tend ensuite le joint à Erika qui à ma grande
surprise accepte ! Je lui dis étonné : « Tu fumes ça toi maintenant ? » « Quoi ! Ca pas êtrre mauvais quand tu prrends petite dose. Comme surr petit nuage après ! » (elle roule pas mal les R) C’est la meilleure celle-là ! Je lui ai déjà pourtant raconté ma mésaventure ! « Ouais c’est ça, tu fumes un peu et puis un jour t’en fumes 2 ou 3 par jour comme Franck ! » « Toujourrs tu exagerres ! Et puis Frranck être cool lui ! » Ce
« lui » fait aussi mal que le volant que j’ai reçu dans l’œil la
semaine dernière ! Putain quoi je suis pas cool moi ? Merdalors. Et
là, je lui arrache le joint des mains et je tire une grosse taffe. Je
laisse bien agir dans les poumons et je rejette la fumée ce qui
provoque immédiatement une quinte de toux insupportable. Je reprends
mes esprits, j’ai la larme à l’oeil. Mes deux compères me tapotent le
dos en souriant. Des allumés tous les deux ! « Alorrs ! On se vexe ? » « Faut-y aller mollo man, c’est pas de l’herbe à chat. » me dit Franck. Et
là, en flash, j’ai vu un gros chat à poils longs qu’on rasait
consciencieusement pour en faire des gros joints. Je suis parti dans un
fou rire mémorable. Impossible de m’arrêter. Du coup, les deux autres
qui avaient aussi fumé, se sont mis à se poiler comme des bossus. On
était au milieu du trottoir, tous les trois pliés, presque à nous
rouler par terre. La fatigue mêlée me faisait tourner la tête. J’avais
mal aux abdos et je pleurais de rire.
Les
voisins ont commencé à ouvrir les fenêtres pour voir ce qui se passait.
Certains nous ont engueulé, d’autres souriaient puis on s’est calmés et
tout est redevenu silencieux.

Erika est rentrée chez elle et j’ai raccompagné Franck chez lui.
C’est
peut-être bête à dire mais un tel fou rire ça met de bonne humeur. On
en aime que plus ses amis, aussi rares soient-ils et la vie semble plus
simple.
Demain, c’est décidé, Mélanie ou pas, je vais voir Chloé…
06 - Allo Houston ?.... j'ai un problème !
Je n’ai jamais été aussi humilié de toute ma vie ! Grâce
au joint que j’avais fumé l’autre soir, j’avais l’impression de pouvoir
déplacer des montagnes. Parler à Chloé ne serait plus un problème et
affronter Mélanie encore moins. De
retour chez moi, mon père et ma mère étaient, comme à leur habitude,
devant la télé. Enfin mon père allongé sur le canapé les yeux mi-clôt,
un mégot aux lèvres et ma mère en train de repasser derrière lui tout
en écoutant la télé.
Et
là, en voyant cette scène pour la Xième fois de ma vie, je me suis
rendu compte qu’à force de rejeter mes parents (parce que les ados
c’est comme ça, y’a toujours un moment où on ne peut plus encadrer ses
vieux), je ne savais même pas comment ils s’étaient rencontrés. Alors
je suis allé voir ma mère qui repassait consciencieusement les caleçons
de mon père et je lui ai demandé comment leur histoire avait débuté. Le
gros plein de soupe dans le canapé me lança un « Ta gueule Romuald ! »
qui m’annihila tout effet résiduel du joint. Euphorie zéro ; nerfs en
pelote 100 ! Lui, plus ça
va, plus j’ai envie de lui latter la gueule. Putain, dans mes rêves les
plus fous j’ai la carrure d’un Swarzy et je lui pilonne sa face à coups
de poings jusqu’à ce qu’il ressemble au cul encore tout fumant d’un
éléphant après une bonne grosse chiasse !

Bref, je monte dans ma chambre, bien vénère et je cogite grave comment aborder Chloé le lendemain. Au bout d’une demi-heure, à cours d’idées, une seule solution s’impose à moi : l’improvisation !
Le
lendemain matin je suis dans la cour. Il est 9h55 et j’ai ¼ d’heure
pour opérer. Le groupe de Chloé est facilement repérable : au milieu
bien en vue avec quelques groupes satellitaires de mecs qui les
reluquent. Je suis
pétrifié. Francky à qui j’ai parlé de mes intentions me donne une
grosse bourre dans le dos et me projette tel un astéroïde vers la
planète Chloé. Une fois lancé, impossible de m’arrêter, à moins que je
n’entre en collision avec un autre astéroïde qui me dévie de ma
trajectoire ou bien…. la comète Mélanie ! VLAN
! Sortie de nulle part, alors que j’allais entrer dans l’atmosphère de
la douce Chloé, je percute Mélanie de plein fouet. Pas vue !
Et
pas le petit rentre dedans. La vraie bousculade ! Cette conne s’est
retrouvée projetée contre la muraille de filles qui englobe Chloé. Une
partie de la muraille s’est effondrée directement sur Chloé qui est
aussi tombée.

Moi qui me plains sans cesse de ne jamais jouer au bowling, je suis servi ! Un vrai strike.
Les
nanas en tombant se sont mises à crier, tout le monde a bien évidemment
tourné la tête vers nous et moi je me retrouve debout au milieu de
toutes ces filles par terre les quatre fers en l’air. Inutile de vous
dire que je suis totalement paniqué ! Mon premier réflexe est d’aller
aider Chloé. J’ai à peine commencé à enjamber une de ses amies, que
Mélanie, déjà debout, me chope par la veste et je ne sais comment
m’envoie faire un rouler bouler 2 mètres plus loin, le tout gratiné
d’une bordée d’injures digne de Joey Starr !

Je
suis rouge comme une pivoine : j’ai renversé la fille la plus populaire
du lycée et sa garnison, je me suis fait insulter et renverser par la
fille la plus salope du lycée et tout le monde l’a vu ! Je tente bien
d’aller m’expliquer auprès de Chloé tout bredouillant mais Mélanie a
sitôt fait de m’expédier en orbite sans oublier de rajouter une couche
d’insultes qui fait rire toute la cour.
Voilà. Si quelqu’un a déjà subit telle humiliation et embarras, qu’il m’écrive à :
Club des humiliés de France 13 rue des pauv’ types 00 000 NAZBROCKS
Heureusement que ça s’est passé le jour des vacances ! Au moins j’aurai peut-être la chance que tout soit oublié à la rentrée ! Le plus con dans cette histoire c’est que je n’ai toujours pas parlé à Chloé et que maintenant ça va être coton. Bon allez, je vais bosser un peu mes textes de français et ensuite me noyer dans l’aquarium…
Ciao ! :’(
07 - Cauchemar
Plus le temps passe, plus je me demande ce que le futur me prépare. J'ai
17 ans et j'ai toujours du mal à me regarder dans une glace. Chloé,
depuis notre fracassante rencontre, ne daigne même plus me regarder.
Erika et Franck passent leurs journées ensemble, ils m’ignorent presque
et je ne sais pas pourquoi... Je sens que ce petit monde s'éloigne de moi, inexorablement. En fait, vous l’aurez compris, je nage dans l'incertitude la plus totale.
Hier j'ai regardé l'émission Poujadiste de ce connard de Julien Courbet. Bien mal m'en a pris, j'ai fait un cauchemar... Je me voyais sur le plateau à coté de ces pourfendeurs de criminels (sic!) Courbet me questionnait :
«
Donc Romuald, vous avez tout perdu, c'est ça ? Vos meilleurs amis,
l'amour de votre vie ? Votre misérable petite existence ne rime plus à
rien ? »
« C'est à peu près ça Julien »
«
Eh bien désolé Romuald, l'équipe de sans aucun doute ne peut rien pour
vous car vous n'êtes qu'un misérable raté ! OUI ROMUALD VOUS ETES UN
PUTAIN DE LOOSER ! »
« Mais non, j'ai quelques qualités... »
« Bien sur, bien
sur, ils disent tous ça ! Mais maintenant, pour convaincre nos
téléspectateurs, nous allons prouver nos dires! Mesdames et messieurs :
CHLOÉ MARCOVITCH! »
Applaudissement. Chloé arrive mais elle a 20 ans de plus.
« Alors Chloé, qu'avez vous à nous apprendre sur cette infâme cloporte? »
«
Il n'a jamais osé m'aborder ! Nous aurions pu faire notre vie ensemble,
avoir des enfants, une maison et même un chien ! Mais non, cet abrutit
était incapable de se prendre en main ! Moi, pendant ce temps, j'ai
loupé ma vie, je ne me suis jamais mariée (des oooooh dans les gradins)
et j'ai fini sur le trottoir à St Denis. »

Elle se cache le visage. Je transpire comme un fou. Et
je vois le sourire de l'animateur au rabais Il s'extasie car il
comprend que mon malheur va lui permettre de doubler la part de marché
de sa merveilleuse émission.

C'est
en général là que je me réveille en nage et je n'ai malheureusement
jamais le temps d'exploser la gueule de ce pseudo présentateur.
Depuis
quelques temps, j'essaie de me projeter dans l'avenir. Qu'ai je envie
de faire ? Dessinateur, faut pas rêver, il y a tellement de gens
talentueux que j'ai une chance sur 1000 d'arriver à mes fins. Je me
donne l'effet d'être un petit gamin qui veut faire « chanteur » quand y
sera grand.
« Et y veux faire quoi le petit Romuald? »
« Cosmonaute et dessinateur m'sieur »
Heureusement,
j'ai ce blog, c'est un peu toute ma vie maintenant... J'aime lire les
commentaires, les sympas et les moins sympas, ils me font tous plaisir
! Ca me rassure, j'ai l'impression d'être un peu moins seul.
Merde. C'est
peut-être ça la dépression : rêver de Julien Courbet, penser que l'on
est un moins que rien et ne vivre que pour le nombre de commentaires
que l'on aura le lendemain...
Putain, faut vraiment que je me ressaisisse...
08 - Surprises !!!
La vie réserve parfois de drôles de surprises. Bon,
ces derniers jours vous l’aurez compris, c’était pas la forme. Et quand
je me sens mal (oui c'est-à-dire la plupart du temps), je vais dessiner
au Cofy Café. J’étais donc attablé, dans mon habituel
coin, là où il vaut mieux se garder de passer la main sous le plateau
de la table si l’on veut éviter les vieux chewing-gums collés et où la
banquette est légèrement défoncée. Mais je l’aime bien mon coin. On y
embrasse… la salle d’un seul coup d’oeil et comme je suis assez timide
(si si, je vous assure !), je suis assez éloigné des clients pour
pouvoir les croquer sans trop éveiller l’attention. Bien que maintenant
ils soient habitués ! J’étais donc en train de dessiner lorsque vous ne devinerez jamais qui est entré dans le bar. Mélanie et Chloé ! Elles
se sont installées à une table près de l’entrée et ont commandé. Chloé
était de dos et Mélanie face à moi. Lorsqu’elle m’a vu elle s’est
penchée vers Chloé et lui a dit quelque chose que je n’ai pas entendu
étant donné la distance mais lorsqu’elle s’est retournée, je fus
surpris ! Je pensais qu’elle allait me jeter un regard noir qui
m’aurait transpercé le cœur mais à ma grande surprise elle me fit signe
d’approcher !

Décontenancé je regardais derrière moi si ce signe m’était destiné. Comme il n’y avait que le mur, la réponse était claire. Je me levais, peu sûr de moi et m’approchais d’elles. C’était la première fois que je les voyais après notre « rentre dedans ». Mélanie me regardait avec un petit sourire en coin : ça ne me disait rien de bon ! Arrivé
à leur table, on échange les banalités d’usage :ca va, ouais ca va, et
toi, pareil, tant mieux, cool ! J’allais commencer à m’adresser à Chloé
pour lui présenter mes excuses lorsque qu’elle me prit de vitesse et me
dit : « Tu fais quoi demain soir ? » « Beuuu, rien ! » que je lui dis « Ca te dis de venir demain soir chez moi ? » « … » « J’y organise une petite fête encore copains ! On démarre ça vers 19 heures. » Chute de pression immédiate. Je me disais bien que quelque chose fonctionnait pas ! « Ah ben ouais d’accord ! » je lui réponds. « Super ! » me dit elle avec un grand sourire « C’est Mélanie qui m’a suggéré l’idée ! » Houlà ! Du coup je suis plus très sûr de vouloir y aller ! Je leur dis : « Chloé, Mélanie… ch’uis vraiment désolé pour l’autre jour ! J’l’ais pas fait exp…» «
Taratata, me coupe Mélanie, c’est du passé tout ça ! Y’a pas mort
d’homme, on va pas en faire une histoire ! » Et elle me congédie sur un
« Allez, à demain soir ! » Je retourne à ma place encore sous le choc. J’y
comprends que dalle. Non seulement je fais tomber le groupe le plus
populaire du lycée mais en plus elles m’invitent à une petite soirée
entre copains. Là je commence à avoir les chocottes. Je sais
vraiment pas à quoi m’attendre. Et puis je suis jamais allé dans ce
genre de soirée moi. Faut amener quelque chose ? Comment je me sape ? Je
suis sorti de mes rêveries par les deux amies qui quittent le café ! Je
les suis des yeux et remarque sous la chaise de Chloé un cahier rouge.
Il est sûrement tombé de sa besace. Je me lève pour le ramasser. Sur la
couverture est écrit :
Journal personnel de
Chloé Marcovitch
Wo putain ! J’ai entre les mains une petite bombe. Le journal intime de Chloé !!!!

Nom
de dieu ! Mon sang ne fait qu’un tour. Obligé de réfléchir vite :
est-il tombé par hasard ou pas ? En somme est-ce un piège ou un signe
de la providence. Avec ce journal en ma possession, je peux savoir tout
ce que pense Chloé donc sûrement comment sortir avec elle ! D’un autre côté, si c’est un piège et que je ne le lui rend pas, je suis grillé à tout jamais ! Rhââââ,
cruel dilemme. J’ai l’impression de jouer dans une pièce de théâtre
dramatique. Bon, l’honnêteté prime sur la curiosité, je m’en vais le
lui rendre. Le temps de ramasser mes affaires, de régler le milk-shake
et de sortir, les filles ont disparues. Je cours dans la direction de
la maison de Chloé et les vois y entrer. Devant, je suis mal à l’aise.
Ne va-t-elle pas penser que je l’aurais ouvert ? Difficile de penser
autrement ! Alors que je me pose ces questions j’entends la porte
d’entrée s’ouvrir et Chloé dire : « Je l’aurai sûrement oublié au Cofy Café ! » Et là, sans savoir pourquoi, avec le peu de temps que j’avais, je grimpe dans l’arbre à côté duquel j’étais. Mélanie et Chloé sortent. Chloé semble affolée : « Putain mais qu’elle gourde, si jamais quelqu’un tombe dessus je suis morte ! » « Le pire ce serait que ce connard de Romuald le trouve ! » ajoute Mélanie. « Je t’ai déjà dit de pas l’appeler comme ça Mel ! »

Le reste de la conversation m’échappe, elles avancent à vive allure. Encore
suspendu à ma branche, je repense à Chloé qui m’a défendu ! Je suis sur
mon petit nuage. Si il faut elle est raide dingue de moi et demain soir
c’est une giga partouze qui nous attend ! Ha ha ha ! A moi les nichons,
les petits culs et les poils pubiens des filles les plus populaires du
lycée…

Soudain, deux personnes passent sous mon arbre ! Ce sont Franky et Erika… et ils se tiennent par la main ! Ils s’arrêtent, s’embrassent et Erika dit : « Tu sais, je pense que pour Romuald, il ne faut toujours rien lui dire. Pour le moment c’est mieux ! » « T’as raison. Pour lui, c’est mieux comme ça ! » Et ils s’embrassent à nouveau !

La vie réserve parfois de drôles de surprises.
Ce soir c’est le grand soir ! J’en ai pas dormi de la nuit ! J’arrête pas de penser à Chloé d’un côté et à Franck et Erika de l’autre. Ca me fait chier que mes deux meilleurs potes sortent ensemble et trouvent que ce soit mieux pour moi de ne pas savoir ! Bon,
d’un autre côté, je ne l’ai pas encore stipulé ici mais Erika je l’aie
rencontrée au lycée y’a deux ans et il faut bien reconnaître qu’elle me
plaisait bien. Peut-être parce qu’elle me ressemblait : perdue au
milieu de tous ces étrangers, parlant seulement quelques mots de
français. Moi je ne me reconnais pas en cette « jeunesse ». Je suis
timide alors que tout le monde a l’air si sûr de soi. J’attire aucune
fille alors que tout le monde a déjà tiré son coup depuis déjà quelques
années pour certains ! J’ai l’impression d’être un homme du néantdertal
!
Erika donnait envie qu’on s’occupe d’elle. Du coup je lui ai
proposé de lui apprendre le français… des cours de langue quoi ! Bon,
pas besoin de vous faire un dessin je pense, j’avais bien évidemment
une idée derrière la tête mais au fil du temps nous sommes devenus amis
et l’envie de sortir avec elle s’est estompée. Peut-être est elle
encore un peu en moi et que ça se ressent…

Bref, y’a plus préoccupant pour le moment ! Ce
soir je vais chez Chloé et j’ai son journal intime. Impossible
maintenant de le lui ramener en lui disant que je ne l’ai pas lu !
Surtout que c’est faux ! Hé oui, je sais, je m’étais promis de ne
pas le lire mais ça relève du surhumain ! J’avoue avoir été assez déçu
en fait. Je n’ai pas encore tout lu bien sûr (200 pages vous pensez !),
mais le début se révèle ennuyeux. Elle l’a débuté il y a de ça un
an. Au départ, elle parle de ses amies, des mecs qui la font kiffer, du
lycée, de ses week-ends ennuyeux comme la pluie, de sa première
cigarette… Pas de quoi faire tout un plat de la perte de ce journal
quoi !
Mis
à part cette petite déception, ces vacances s’annoncent mouvementées.
Ma sœur, Sidonie, qui est une véritable peste et que je déteste autant
qu’elle m’exècre, a vu le journal de Chloé. Je descendais de mon
arbre, après avoir vu les deux tourtereaux s’embrasser et partir et à
ce moment là, alors que mes pieds venaient à peine de toucher le sol,
j’entends derrière moi : « Ha ! Mais c’est mon singe de frère ! Regardez comme il est adroit pour s’agripper aux branches » Je
me retourne et voilà que je me trouve face à face avec ma sœur entourée
de ses 2 copines qui la suivent partout. Ma sœur, c’est la Chloé du
collège. Elle n’a que 14 ans mais se sape comme une pétasse et fait la
honte de mes parents. Mais bien sûr elle est la coqueluche de tout le
collège : rebelle, maquillée, mignonne faut bien le reconnaître, elle
les épate !
Mais
là j’étais dans une situation embarrassante. Déjà, je descends de
l’arbre en face de chez Chloé et j’ai son journal sur moi. « Mais kess tu foutais perché là haut ? » qu’elle me lance. Bien sûr je n’étais pas prêt et n’avais prévu aucune excuse à fournir dans ce genre de situation. « Euh… ben rien… en fait je…. » «
J’y crois pas ! T’essayais de mater Chloé Marcovitch dans sa piaule !
Whôôô, le sale vicelard ! » dit elle en prenant à partie ses copines
qui se mettent à glousser. « Nan mé ho, ça va pas la tête non ?
J’étais venu lui rapporter son… » et là tout en sortant le journal de
mon sac je me rends compte de l’énormité que je suis en train de faire.
Elle a vu le cahier mais ne sais pas exactement ce que c’est ! Par
contre je viens de dire que ça appartenait à Chloé ! Grillé !

« Vas-y continus ! Tu lui rapportais quoi en passant par l’arbre ? » me demanda-t-elle un sourire de triomphe sur les lèvres. Pris au dépourvu j’ai sorti ce qui me semblait être encore le plus simple : « T’as raison p’tite sœur. En fait je lui apportais rien. J’essayais de la mater dans sa piaule ! » Du coup elle semblait déçue mais ça les a fait bien marrer et elles sont parties en chantant : « Romuald est un pervers, Romuald est un pervers » Au point où j’en suis, un autre surnom ne peu plus me faire de mal !
J’ai eu chaud mais il va falloir que je fasse gaffe. Je
pense que Sidonie ne se prive pas pour fouiller ma chambre lors de mes
absences. Je vais devoir trouver une bonne cachette pour ce journal et
aussi de quoi me saper pour ce soir…
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